lundi 27 octobre 2008
Promenade vespérale
La roche exsude, sue un suintement vital, comme autant d'énergies. Je pose ma main et je ressens les vibrations humides. Je laisse couler en l'âme le goutte à goutte des transpirations de la vie. Cesm urmures du minéral me ramènent au silence que viennent détourner, d'instant en instant, les crissements, les ramages, les frou-frou des feuillages. Une feuille tombe et le bruit en cascade de sa chute s'insinue dans la danse des branches que le vent mouvemente légèrement agréùentant la douceur de l'air. Tout est sensation, rien est perception. A l'ondoiement perpétuel, les nuages passent, caresses douces, sortes d'invites subtiles d'une respiration, s'immobilisent dans le parfait silence pour reprendre vie langoureusement en suivant le rythme de la magie éolienne. Un apaisement s'infiltre dans les veines, c'est un ressourcement qui exhale son parfum pour un pas lent vers l'unité intérieure. La source que longtemps j'ai cru tarie a repris vie. Dans les pas de l'Univers, dans les pas de l'homme, j'avais tracé son chemin, semant de ci, de là, une goutte, une ondée, une rosée. De jolies pierres, j'avais orné son parcours. Il est sinueux pour créer des roulis, des cascades, des murmures. Il est ligne droite pour inviter à l'immobile. Il est ascendant puis vertigineux pour provoquer le changement. Mais il n'avait pas de liquide. Rien ne s'exprimait que le silence déroutant d'un vie en moi.Dans ce coeur de l'Univers, dans ce coeur d'homme, j'ai bu, j'ai puisé. De cette soif rassasiée, un filet d'eau est né. D'escarpements en promontoires, je laisse voguer mon âme. L'impertinence de la Nature parfois m'étonne : son don d'elle-même est incompris. Mille idées, mille sensations s'en échappent. Du bout des doigts je les caresse. Parfois un tronc offre ses sinuosités, ses écailles et je ne peux résister à y appuyer la peau perméablement nue de mon dos. Les yeux se clorent doucement et l'esprit évanouit toute pensée : le voyage commence. De la pointe de la colonne monte une spirale intense, presque palpable tant cela remue, tant cela vibre. Je m'abandonne aux impressions, qu'elles me pénètrent, me parcourent, m'ébahissent de leur force. Une esquisse naît alors : l'amour inconditionnel, l'amour que la Nature me dépose dans le corps sans demander plus qu'un élan volontaire. Mon coeur est tremblant. Expérimenter un partage avec l'Univers smeble ce repos spirituel qui élève. Ce sont de subtils mélanges de puissance et de faiblesse, de douceur et d'âpreté. La Nature n'est jamais avare d'elle-même. Nous sommes semblables, elle et moi. Je colle mon corps comme si je voulais disparaître, fondre dans la peau du végétal. Mon corps s'efface et ne reste que l'esprit uni pour un temps seulement. Ce palpable, si réel, si imaginaire, tressaille le coeur. La sève se transvase de l'écorce à ma peau, sillonne les veines, les artères, gonflant mon sang d'une vivifiance nouvelle. Pouvoir rester sur place, collée au bois sans plus se soucier que de ce partage évolutif. des larmes se fraient un passage vers l'extérieur et coulent en eau purificatrice sur mon visage qui, je le sais, est transfiguré. Et soudain, être là à sa place, être là à sa trace et vivre sont les seules évidences à récolter. Une chaleur glisse sous la pelure, parcourt mon corps de fleuves en ruisselets. Diffuseur de vie, le diaphane s'efface, se nourrit de sève fraîche, se gonfle, charrie le flux nourricier. la bienfaisance de l'instant présent me fait palpiter le rayonnement qui s'éteint au-dehors pour qu'à l'intérieur voyage enfin l'énergie. Dans cette bienfaitude de mon hébétude, je tire les fils de soie vers moi. La nuit s'est allongée et son corps transi, mouillé, troublé m'enveloppe. L'Hébétude s'éloigne tandis que la mouvance de la Terre permet le voyage sidéral. le merle vient secouer l'immobile de ses trilles qui s'envolent dans l'air automnal de cette fin d'après-midi. De tous mes yeux, ceux du corps, ceux de l'âme, ceux du coeur, je contemple ce tronc qui m'a insufflé une vie neuve. Ces petits trésors glanés, cailloux emplis de lumière, feuilles fraîchement évadées sont sous le pas au fil du parcours du chemin offert. Et les garder en souvenir ancré, je les mats dans ma poche béante qui n'attendait que cela depuis ma naissance. Je m'éloigne presque à reculons, comme si d'infimes fibrilles me retenaient encore enlacée. de là-haut, une lueur rebondit d'entre les nuages et éclaire joyeusement la forêt, y révélant le tracé dans ses moindres détails. Bien plus encore, les rayons donnent à l'âme une chaleur immuable. J'arrive à me décrocher non sans tristesse sous couvert de promesse de retour un jour. Le regard intérieur n'a plus peur : il sait vivre au dedans sans perdre une seconde de vie du dehors. Reprendre le cours du chemin et découvrir les senteurs qui émanent, percevoir les froisements furtifs dans les buissons touffus. A ras de terre, je me pose, les coudes sur le tapis moelleux, le visage bien assis dans les paumes, je scrute, j'attends un rapide passage d'un écureuil que la frénésie d'accumulation appelle sans relâche, le trottinement léger d'un mulot pressé de rentrer ou bien encore les pépiements aigus mais léger des oisillons toujours affamés autant d'affectif que de nutritif. Ce sera bientôt là devant moi : un fin museau tortillant dépasse un petit amas de feuilles sèches, puis deux pattes et tout le corps d'un mouvement confiant vient vers moi. Si je ne bouge d'un petit doigt, il passera auprès de moi, croyant à un tronc couché, aux odeurs étrangères certes mais parfaitement inoffensives. Intérieurement je souris. Qu'il est facile de leurrer quand le coeur est sain et pur. Quand l'animal est depuis longtemps passé, je pense à me redresser, à poursuivre la promenade. D'un bond, je suis à nouveau vive, élancée, brûlante de vie. Mon pas s'allonge, la nuit est proche. Déjà la lumière d'entre chien et loup amenuise certains détails, omet de révéler d'autres contours. Il est bien temps de rentrer dans le monde. Je ne savais pas alors que la visite me réservait d'autres surprises. Il arriva tout à coup auréolé des larmes de lumières au déclin. Son regard de velours noir traquait la pénombre de mes yeux. Je ne l'avais pas entendu venir. Il était là comme un soupir qui voudrait briser l'habitude. Fragile dans sa majesté, sa robe pure couleur souci, aux bois vers le ciel effilés, il me regardait profondément. Et mon coeur tressaillit, arrêtait même pour un temps suspendu, son battement. Avec un mouvement d'invite à le suivre, il s'éloigna dans la profondeur mordorée. Mon corps tendait déjàç à suivre la trace de sa douceur parfumée d'animalité. Je ne le revis pas, même si je m'arrêtai souvent pour écouter la plainte ou le gémissement d'adieu. Tout mon être est sous le charme de cet instant magique qui s'effiloche déjà. Au loin, s'élèvent tout à coup des lamentations stridulantes. Elles sont puissantes, tonitruantes même dans ce silence vespéral. La curiosité me titille : qu'est-ce donc ? Qui réclame à cris perçants une attention soudaine ? Mes pieds se dirigent enfin vers cet endroit bruyant. Au détour d'un bosquet, je perçois le doux gazouillement auquel s'adjoignent à nouveau les plaintes. Pour écouter, il faut s'arrêter, cesser même tout battement ! Et enfin, je comprends que des centaines, des milliers de grnouilles chantent leur chant d'allégresse, leur chant d'amour ultime de la journée. Quel vacarme ! Le monde de l'homme n'en produit pas autant de si régulier. Toutes en même temps, lancent leur joie courant sur les scintillements affleurants. Je m'approche doucement, me pénétrant de la vie, de son chahut continuel. Finalement, un autre gazouillement s'impose : c'est l'eau ! L'eau sauvage, cavalcade fraîche, qui emplit mon être de sa parole et puis l'on rencontre soi, sur un banc qui attend. Bienheureux le repos quand il est enrobé de nature ! La parfaite maîtrise de la concordance des jeux naturels de l'Univers m'écarquille les yeux. Quelle féérie que jamais l'homme ne pourra égaler ! Ces instants magiques me vivifient et une joyeuse vigueur se hisse au bord de mon regard, aux rives de ma pensée. je voudrais rester là, la nuit durant. Qu'y a-t-il à comprendre de cette magie ? La source n'est plus tarie. Elle roule, elle cascatelle, elle chahute. C'est le miroir où se reflète la joie de la Vie. Evanescence fortuite ...
ãCatherine Borbàs, 2008
mercredi 17 janvier 2007
D'escarpements
D'escarpement en promontoires
J'ai laissé voguer mon âme
L'impertinence de la Nature parfois m'étonne
Son don d'elle-même est si peu compris
Mille idées, mille sensations
s'en échappent
Du bout des doigts je les caresse
Subtils mélanges de force et de faiblesse
de douceur et d'âpreté
jamais avare d'elle-même
nous sommes semblables
Ecoutons-la
ãCatherine Borbàs, 2007
La Source
La source
que longtemps j'ai cru tarie
a repris vie
dans les pas de l'Univers
dans les pas de l'homme
J'ai tracé son chemin
semant par ci par là
une goutte, une ondée, une rosée
de jolies pierres j'ai orné son parcours
Il est sinueux pour créer
des roulis, des cascades, des murmures
Il est ligne droite pour inviter à l'immobile
Il est ascendant puis vertigineux
pour provoquer le changement
Mais il n'avait pas de liquide
Rien ne s'exprimait que le silence
déroutant d'un vide en moi
Dans le coeur del'Univers
dans le coeur de l'homme
j'ai bu, j'ai puisé
de cette soif rassasiée
un filet d'eau est né
La source n'est plus tarie
elle roule, elle cascatelle, elle chahute
Miroir où se reflète la joie de la vie
ãCatherine Borbàs, 2007
Titinnabule
Tintinabule
la joie
légère musique
notes fraîches et claires
flûte ou xylophone
harpe ou piano
le chant de mon coeur
s'exprime rafraîchissant
ãCatherine Borbàs, 2007
Apaisement
Apaisement
S'infiltre
Dans les veines
Ressourcement
Exhale
Son parfum
Pas lent
Vers l'unité intérieure
ãCatherine Borbàs, 2007
vendredi 5 janvier 2007
La roche
La roche exsude, sue
Suintement vital
Comme autant d'énergies
Poser sa main, ressentir
Les vibrations humides
Fermer les yeux
Laisser couler en l'âme
Le goutte à goutte
Des transpirations de la vie
Murmures du minéral
qui ramènent au silence
que viennent détourner
d'instant en instant
les crissements
les ramages
Charme pur ...
ãCatherine Borbàs, 2007
Dans le silence
Dans le silence de mon âme
la voix de la nature s'insinue
Une feuille tombe
Le bruit en cascade de sa chute
Le chemin-roulis incessant liquide
Monte jusqu'à moi
De ci, de là, pépiements ou chants
agrémentent la douceur de l'air
La danse des branches que
le vent mouvemente légèrement
Tout est perception
Rien est sensation
Dans le silence de mon âme
S'insinue la voix de la nature
ãCatherine Borbàs, 2007
Frou-Frou
Frou-frou des feuilles
suivent le rythme de la danse du vent
s'immobilisent dans le parfait silence
reprennent vie langoureusement
au mouvement perpétuel
les nuages passent, caresses douces
invites subtiles de l'Univers
Respiration
ãCatherine Borbàs, 2007
jeudi 21 septembre 2006
Même si

ãCatherine Borbàs, 2006
Un regard qui se perd
Un regard qui se perd
Enfreint toute la loi
Au sourire qui sert
Aux myriades de perles de soie
Glisser vers ta main
Sans tromper l'émoi
Qu'à rêver que demain
Nous serons neufs, toi et moi
Le vent emporte mes paroles
Pour les offrir à l'immensité
Dans l'au-revoir les oiseaux s'envolent
Au soleil le coucher je suis espérée
Petit cadeau bien enveloppé
Le noeud se dénoue
A l'âme enrubannée
Je l'offre et le noue
Ne retiens aucun instant
A t'empêcher de marcher
Le chemin si court est restant
Aux parfums d'à venir l'été
ãCatherine Borbàs, 2006


